Archives départementales, Patrimoine

Petites histoires d'archives # 13 Le Mont-de-Piété à Carcassonne

Affiche qui annonce l'ouverture du  Mont-de-Piété de Carcassonne en 1894
Affiche qui annonce l'ouverture du Mont-de-Piété de Carcassonne en 1894 AD11_054Dv003_085

Le Mont-de-Piété, appelé aussi « Chez ma tante » en langage populaire, est une institution qui est née au XVe siècle en Italie et qui perdure encore aujourd’hui, sous le nom de Crédit municipal. En 1894, un établissement s’ouvre à Carcassonne. Découvrons ensemble cette nouvelle institution.

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Le Mont-de-Piété est un établissement de bienfaisance et d’intérêt public. Le principe n’a pas changé : le client gage un objet de valeur et en échange il repart avec de l’argent liquide. Pour récupérer l’objet, il devra s’acquitter de la somme prêtée et des intérêts, peu élevés. Ainsi, le microcrédit social est apparu en Europe dès le XVe siècle à travers l’activité des Monts-de-Piété. Critiqué par les élites, mais aide incontournable pour les personnes les plus modestes, le Mont-de-Piété se développe considérablement au XIXe siècle.

L’idée première était de lutter contre l’usure, condamnée par l’Eglise dès le Moyen Âge. Ce sont donc des moines franciscains, très proches des pauvres gens, qui créèrent le premier Mont-de-Piété à Pérouse en Italie, en 1492. Les taux d’intérêt devaient être faibles, uniquement pour répondre aux frais de fonctionnement. L’institution se développe ensuite en Europe au XVIIe siècle, mais en France c’est seulement en 1777 que le premier Mont-de-Piété est créé à Paris. Ils ne se développent ensuite qu’à partir de 1805 dans les autres villes de France.

A Carcassonne, une affiche annonce l’ouverture d’un Mont-de-Piété le 1er février 1894 (54 DV 85). M. Marius Durand y ouvre un nouveau bureau, en correspondance avec celui de Toulouse.

Le document précise que seront pris, entre autres, les bijoux, l’argenterie, la lingerie et les objets d’art. Le premier registre des engagements de Marius Durand fait également partie de ce fonds. Il y a inscrit tous les engagements qu’il était chargé de faire, de février 1894 à juillet 1897 (54 DV 1-84). Le 1er février, il reçoit par exemple « un service de table en fil composé de 12 serviettes et une nappe enveloppé dans linge blanc », « une montre en or », un autre service de table et un lot de « douze serviettes blanchies ».

Dans le registre sont notés le nom des emprunteurs, leur profession et adresse, leur signature, les pièces justificatives des produits, les sommes avancées par le commissionnaire, les frais, la date du prêt, son numéro et la somme prêtée ainsi que la commission qui sera prise.

Pour en savoir plus :

Pastureau Guillaume, « Le Mont-de-piété en France : une réponse économique aux problèmes sociaux de son époque (1462-1919) », Revue d'histoire de la protection sociale, 2011/1, n° 4, p. 25-40.