Archives départementales, Patrimoine

Crimes, brigands et mystères audois #1 Pierre Sourgnes, dit l'Antougnou (partie 1)

L'antougnou
Pierre Sourgnes, dit l'Antougnou © Archives départementales de l'Aude

Pour cette première histoire criminelle qui va rythmer le mois d'août, nous vous proposons de découvrir petit à petit chaque semaine l'histoire de ce brigand qui effraya les villageois de Cavanac. Cette histoire est extraite du journal hebdomadaire Le Moniteur de l'Aude. 

 

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"En France chaque département, chaque ville, chaque hameau, peut-être, a vu surgir quelque célébrité. Notre pays est la terre native des grands hommes ; elle est le théâtre ou la source de toutes les vertus. Pourquoi donc faut-il que, chez nous aussi, à côté de ces beaux personnages qui honorent l’humanité, nous rencontrions quelquefois des monstres qui souillent de leurs scandaleuses fureurs le sol qui les produisit. Plusieurs départements ont le triste privilège de pouvoir faire, dans ce genre fâcheux, quelques désolantes citations. Ainsi lorsque dans d’autres contrées on cite avec horreur un Trestaillons, un Pélet, un Tragine, l’Aude peut nommer un Pierre Sourgnes. Ce brigand, infâme Protée aux formes diverses, a subi déjà plusieurs condamnations, et s’est presque toujours soustrait aux actives poursuites de la justice. Voici son histoire judiciaire.


Il a fait son entrée au tribunal correctionnel par une prévention de coups et blessures ; il avait alors 22 ans, se disait originaire de Cavanac et demeurait à Béziers où il servait en qualité de roulier. Il fut condamné à deux ans d’emprisonnement et à 16 francs d’amende. Il subit sa peine à Nîmes et fut libéré le 5 novembre 1831. De cette époque au 15 mai 1840, Sourgnes a su cacher ses crimes dans l’ombre, s’il en a commis ; mais dès-lors les condamnations se sont succédées avec une effrayante rapidité. Ainsi, soi-disant propriétaire, il est appelé devant le tribunal correctionnel pour répondre à une accusation de coups et blessures, et il est condamné par défaut à quatre ans d’emprisonnement, dix ans de surveillance et 400 fr d’amende. Le 31 juillet suivant, il reparaît sous le nom d’Antoniou, âgé de 33 ans, se disant cultivateur. Le misérable n’a pas même la retenue des bêtes féroces : fils dénaturé, il est déclaré coupable de coups et blessures volontaires envers sa mère légitime, mais pourtant avec des circonstances atténuantes. Pour ce nouveau crime il est condamné à cinq années d’emprisonnement dans lesquelles se confondent les quatre années de réclusion prononcées contre lui le 15 mai 1840 [...]
 

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