Crimes, brigands et mystères audois #1 Pierre Sourgnes, dit l'Antougnou (partie 2)

Cavanac, Vue du Village années 50,  60 Dv 1/5
Cavanac, Vue du Village années 50, 60 Dv 1/5

Pour cette première histoire criminelle qui va rythmer le mois d'août, nous vous proposons de découvrir petit à petit chaque semaine l'histoire de ce brigand qui effraya les villageois de Cavanac. Cette histoire est extraite du journal hebdomadaire Le Moniteur de l'Aude. 

 

Cette chronique vous est présentée dans la rubrique Crimes, brigands et mystères audois, retrouvez la également en Audio

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"Sa détention n’est pas de longue durée : il s’évade le 17 septembre suivant. Un mois après, le 16 octobre, il est accusé de vol simple, et 5 années d’emprisonnement, 10 années de surveillance et 500 fr d’amande, sont ajoutés aux précédentes condamnations qui l’ont atteint. A cette peine, le même jour, un second jugement joint celle d’une année d’emprisonnement pour évasion par bris de prison. Deux jours plus tard, un troisième jugement le condamne à 4 ans de réclusion, 10 ans de surveillance et 200 fr d’amende sous la prévention de coups et blessures. Tous ces jugements rendus par défaut deviennent définitifs après les notifications légales. Maintenant la nature des crimes commis par Pierre Sourgnes va changer, jusqu’ici il s’était borné à donner des coups, à faire des blessures, il dédaignera désormais ces attentats vulgaires et il s’élèvera jusqu’à l’assassinat. 


Le 28 mai 1841, en effet, il est condamné par contumace, pour une tentative d’assassinat, à la peine de mort, à l’exécution par effigie, à la séquestration de ses biens et aux dépens. Enfin, le 24 juin dernier, on a signalé un autre crime de Pierre Sourgnes que cinq témoins accusent. Les nommés Etienne Feuillat, Jean Romieu et Jeanne Forniès, moissonnaient aux champs. Pierre Sourgnes passe, un fusil sur l’épaule, « il me faut de l’argent » dit-il à Feuillat, « Je n’en ai pas », répond celui-ci. Le Tragine de l’Aude couche en joue le villageois et lui ordonne de le regarder. Tout effrayé, Feuillat déclare avoir cinq francs, prix de trois journées de travail, et offre de les aller chercher à la métairie de Bru où il les a déposés. Mais c’est la fille Forniès qui est chargée de cette mission, dont elle s’acquitte en tremblant. L’argent arrive ; Sourgnes, craignant quelque surprise de la part de Feuillat ne veut pas le recevoir de sa main, et il lui ordonne de le jeter à ses pieds. Sur ces entrefaites la femme Bru apporte le déjeuner : « C’est vous autres, s’écrie Sourgnes, qui êtes cause de la position où je suis ; il est juste que vous me nourrissiez. ». Il prit sa part de ce repas et garda, en disant qu’il lui était nécessaire, le couteau qu’il s’était fait prêter. Puis il s’éloigna. Ce misérable appartient à une famille assez aisée. [...]"

Découvrez la suite de l'histoire la semaine prochaine !